

Banque Centrale du Congo
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| Historique de la monnaie |
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Des « monnaies primitives » hétéroclites
Il est intéressant de relever que le coquillage s'imposait tout naturellement comme instrument d'échange ayant presque toutes les qualités d'une véritable monnaie, car « il est facile à transporter el à compter, il ne se corrompt pas, il ne s'use guère, ne peut être diminué de poids ou de valeur par la main du rogneur et il serait bien difficile de le contrefaire». Et pourtant, les traitants européens introduisirent en Angola et au Congo d'autres espèces de coquilles provenant du Brésil. Mais les Bakongo se laissaient difficilement tromper par ces « faux nzimbu ». Si autrefois la masse des nzimbu en circulation était limitée, la présence des Portugais - qui entreprirent l'exploitation de ces coquilles au sud de l'Angola et au Brésil- allait vite en inonder le Congo et provoquer au XVIIième siècle une forte dévaluation. Celle-ci contraignit les usagers des nzimbu à recourir à un autre instrument d'échanges: « les tissus du pays ». Le pays connut ainsi sa première expérience de « substitution monétaire ».
Monnaie primitive le "zapozap ou shoka" L'usage des tissus comme instrument d'échange était connu et presque général au Congo, bien avant l'arrivée des Belges sur le territoire. On les rencontrait sous forme de petits pagnes pour femmes, de longs pagnes pour hommes et de pièces de grande longueur, fournies enroulées ou en bottes. Ces tissus étaient confectionnés soit avec les fils du raphia « mpusu », soit encore de l'ananas. Les Bateke appelaient ces tissus « nta », les Basonge et les Batetela les dénommaient « mbadi », terme qui a existé aussi chez les Bakongo. Ces derniers utilisaient aussi le terme « mbongo », tandis que ces mêmes tissus étaient connus sous le nom de « efongolo » chez les Mongo et de « madiba " chez les Basonge.
Parmi les autres instruments d'échange, le sel a joué un rôle relativement important: il provenait de véritables salines, comme celles du Katanga, ou était produit par la combustion de certaines herbes. On peut citer aussi les bracelets en fibres, les pirogues, le bétail et même ... les hommes. Il est vrai, selon Alfred Mahieu, auteur du célèbre ouvrage sur la « Numismatique du Congo », que l'esclave était plutôt une monnaie de compte qu'un véritable instrument d'échange. Chez les Bangala, par exemple, un esclave était payé 1.000 « mitako » (barrettes de 8 à 25 centimètres de laiton groupées en faisceaux) et équivalait à une pirogue à quatre rameurs.
Au-delà du troc et des monnaies dites « primitives », certains instruments de paiement d'origine étrangère ont commencé à circuler très tôt en Afrique à la suite des contacts avec des marchands portugais et autres de passage. Les premières monnaies métalliques, ayant un véritable cours, turent introduites en Afrique occidentale par les Portugais à partir du 15ième siècle. Dans les territoires de l'Ancien Kongo et de l'Angola, il fallait aux marchands portugais une monnaie plus pratique que les « nzimbu » utilisés localement. Du XVIIième au XIXième siècle, les rois du Portugal se firent frapper, chacun, la monnaie de sa convenance pour faciliter les transactions avec leurs «possessions » africaines. Parmi les monnaies les plus connues, il y a eu celles de Pedro II entre 1693 et 1699, de Joseph Ier en 1762, de Maria Il (1826-1853) et de Pedro V (1853-1866). Sous son règne, Pedro II fit frapper des pièces de 5, 10 et 20 reis. Joseph le' émit pour la première fois les « macuta » équivalant à 50 reis portugais" C'est avec le règne de Louis Ier (1861-1889) que prit fin la trappe des « rnacuta », mais ces monnaies continuèrent à circuler au Kongo jusqu'à la création de l'Etat Indépendant du Congo. D'autres monnaies de frappe étrangère furent introduites. On note, par exemple, que le célèbre « thaler »,dit de Marie-Thérèse, et particulièrement celui au millésime de 1780, fut une monnaie européenne qui connut d'emblée une faveur extraordinaire à telle enseigne gue « plus d'un siècle après la mort de cette grande impératrice qui régna sur la Belgique, les pièces portant sa marque se mêlaient en Afrique à celles à l'effigie de Léopold II, roi des Belges et souverain de l'Etat Indépendant du Congo ».
Monnaie primitive le "nsambu"employée Au temps de l’Etat indépendant du Congo C’est à la suite de l’exploit retentissant de la traversée de l’Afrique d’est en ouest, réalisée de 1874 à 1877 par Henry Morton Stanley, journaliste anglo-américain de renom, que le roi Léopold II s’intéresse au basin du fleuve Congo. Caressant l’ambition de se donner de vastes territoires au cœur de l’Afrique, il y enverra plusieurs expéditions dont celle du « Comité d’Etudes du Haut-Congo », commandée par Stanley lui-même. Au mois d’août 1879, cette expédition, embarquée à Banana, remonte lentement le fleuve Congo et va s'établir à Vivi, presqu'en face de Matadi. Cette petite bourgade deviendra la première capitale de « l'Etat Indépendant du Congo », dont l'existence est officiellement reconnue par la signature de l'Acte de la « Conférence de Berlin », le 26 février 1885. Dès le départ, la gestion de l'Etat Indépendant du Congo est une affaire privée du seul « Roi-Souverain ». Jusqu'en 1894, l'activité commerciale y menée ne se résume qu'au ramassage de l'ivoire. A partir de 1895, c'est la récolte du caoutchouc sauvage qui accapare l'existence de l'Etat. Les Congolais sont mobilisés - souvent sans ménagement - pour collecter le précieux liquide des lianes et le céder sous forme d'impôt à l'Etat et à des sociétés concessionnaires privées. Pendant près de deux décennies, la circulation d'une monnaie de l'Etat n'était pratiquement pas nécessaire sur place au Congo, puisque les villageois étaient en général rétribués en nature. De même, l'Etat Indépendant du Congo et les compagnies à charte prenaient en charge le logement, le transport et la nourriture des employés expatriés au point qu'une grande partie de leurs rémunérations était versée en Belgique.
Le décret du 8 février 1896 crée deux billets de l'Etat, celui de 10 francs et un autre de 100 francs, payables à la Trésorerie générale de l'Etat Indépendant du Congo, 10 rue de Namur à Bruxelles. Enfin, un décret en date du 27 août 1906 autorise la frappe de monnaies d'appoint en un alliage de nickel et de cuivre comportant des pièces de 20, 10 et 5 centimes. La frappe de monnaie d'appoint était motivée principalement par la nécessité d'introduire des pièces divisionnaires au Katanga où le développement de l'activité minière avait attiré de nombreux travailleurs, au point que le paiement en nature de leur salaire offrait de multiples inconvénients. En outre, les conditions économiques nouvelles commandaient de lever désormais l'impôt exclusivement en numéraire.
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